Marché immobilier montréalais : les acheteurs reprennent progressivement l’avantage
Le marché résidentiel de l’île de Montréal poursuit son rééquilibrage. En juillet 2026, l’Indice Tardif s’est établi à 24,5 sur 100, faisant entrer le marché dans une zone dite « d’acheteur léger ».
Cette évolution ne signifie toutefois pas que les prix des propriétés sont en chute libre. Elle indique plutôt que les acheteurs disposent maintenant de plus de choix, de davantage de temps pour prendre une décision et d’une meilleure marge de négociation. La situation varie également beaucoup selon le type de propriété.
Un ralentissement marqué des transactions
En juillet 2026, 1 022 ventes fermes ont été enregistrées sur l’île de Montréal, comparativement à 1 220 au cours du même mois en 2025. Il s’agit d’une diminution de 16,2 % en un an.
Parallèlement, 2 154 nouvelles propriétés ont été mises sur le marché. Le ratio entre les ventes et les nouvelles inscriptions s’est ainsi établi à 47,4 %.
Un autre indicateur retient particulièrement l’attention : 512 inscriptions ont expiré sans mener à une vente. Le taux d’expiration atteint donc 33,4 %, comparativement à 25 % en juillet 2025. En d’autres mots, environ une propriété sur trois dont l’inscription a pris fin en juillet n’avait toujours pas trouvé preneur.
Des prix qui continuent malgré tout de progresser
Le ralentissement des ventes ne s’est pas encore traduit par une diminution généralisée de la valeur des propriétés. Les prix médians ont même progressé dans les trois principales catégories résidentielles :
- Copropriétés : 479 750 $, une hausse annuelle de 2,3 %;
- Maisons unifamiliales : 825 000 $, une hausse de 9,5 %;
- Plex de deux à quatre logements : 881 000 $, une hausse de 6,8 %.
Le marché montréalais présente donc une situation particulière : les acheteurs gagnent du pouvoir de négociation, mais les propriétés qui se vendent continuent généralement de conserver leur valeur.
La copropriété : le segment le plus favorable aux acheteurs
Le rééquilibrage est particulièrement visible dans le marché de la copropriété. En juillet 2026, 490 condos ont été vendus, contre 628 un an auparavant. Cela représente une diminution de 22 %.
Le délai médian de vente est également passé de 46 à 58 jours, tandis que 349 inscriptions de copropriétés ont expiré. Le taux d’expiration atteint ainsi 41,6 % dans cette catégorie.
Pour les acheteurs, cette situation peut offrir davantage de possibilités de comparaison et de négociation. Il demeure cependant essentiel d’analyser attentivement la santé financière de la copropriété avant de déposer une promesse d’achat.
Le fonds de prévoyance, le carnet d’entretien, les procès-verbaux des assemblées, les travaux planifiés et les cotisations spéciales figurent notamment parmi les éléments qui peuvent influencer la valeur réelle d’une unité.
Les maisons unifamiliales demeurent recherchées
Le marché des maisons unifamiliales reste plus compétitif. Au total, 339 ventes ont été conclues en juillet, avec un prix médian de 825 000 $ et un délai de vente médian de 47 jours.
Le taux d’expiration de 19,7 % demeure nettement inférieur à celui observé pour les copropriétés. La rareté des maisons sur l’île de Montréal continue donc de soutenir les prix.
Les acheteurs intéressés par ce type de propriété doivent rester bien préparés. Une préapprobation hypothécaire valide et la capacité d’agir rapidement peuvent encore faire la différence lorsqu’une propriété bien positionnée arrive sur le marché.
Un prix de vente réaliste devient déterminant
Toutes catégories confondues, environ 30,8 % des propriétés vendues en juillet avaient subi au moins une réduction de prix. Lorsque le prix était ajusté, la diminution médiane atteignait 5,3 %.
Cette donnée montre que les acheteurs ne refusent pas nécessairement de passer à l’action. Ils deviennent toutefois plus attentifs au rapport entre le prix demandé, l’état de la propriété et les conditions du marché.
Le délai médian entre l’inscription et la vente ferme s’est établi à 53 jours. Cependant, une promesse d’achat était généralement acceptée après environ 35 jours. Pour les vendeurs, l’absence d’offres sérieuses après cinq ou six semaines peut donc indiquer que le prix demandé doit être réévalué.
La surenchère demeure présente dans certains secteurs
Même dans un marché globalement plus favorable aux acheteurs, la concurrence n’a pas complètement disparu. En juillet, 15,4 % des propriétés vendues ont été acquises à un prix supérieur au dernier prix demandé.
Rosemont–La Petite-Patrie s’est particulièrement démarqué : 30,1 % des ventes y ont été conclues au-dessus du prix affiché. Cela démontre que les propriétés bien situées, bien entretenues et présentées à un prix réaliste continuent d’attirer plusieurs acheteurs.
Que faut-il retenir?
Le marché immobilier montréalais ne connaît pas une baisse uniforme. Il traverse plutôt une période de transition au cours de laquelle le rapport de force varie selon le quartier et la catégorie de propriété.
Les acheteurs disposent maintenant d’un peu plus de temps et de marge de négociation, particulièrement dans le marché de la copropriété. Les vendeurs doivent, quant à eux, établir un prix réaliste dès la mise en marché et présenter leur propriété de manière transparente.
Pour les syndicats de copropriété, ce contexte rappelle également l’importance d’une gestion rigoureuse. Des documents à jour, une planification adéquate des travaux et une situation financière saine peuvent contribuer à rassurer les futurs acheteurs et à préserver la valeur des unités.
Source : Indice Tardif de juillet 2026 — Endurance Groupe Immobilier par Tardif, à partir de données Centris compilées pour l’île de Montréal.




